'The Pelabon Works' à Twickenham

 

 

 

 

Twickenham  1914 - 1918

 

Lorsque les Allemands envahirent la Belgique le 4 août, 1914 l’économie civile s’arrêtait brusquement. Il fallait, d’un jour à l’autre, transformer d’une économie civile vers une économie militaire.

 

A ces fins nous avions besoin des gens comme Charles Pelabon. Charles était le fils d'une famille d'entrepreneurs française d'Arras. Charles complètait ses études d'ingénieur minier à Mons. Au début de la guerre, il était directeur à Ruisbroek, près de Bruxelles, de la Société franco-belge de construction et d'équipements à Air Comprimé. Cette société adaptait des outils afin qu'ils puissent fonctionner à l'air comprimé. Principalement les marteaux pneumatiques qui étaient d’usage dans le secteur minier.

 

 

 

 

Le 4 août 1914 Charles Pelabon et ses employés furent mis à la disposition de l'industrie de guerre. Ils ont été chargés de l’exploitation de la Fabrique Nationale de Tubes sans Soudure à Merksem. Le 7 octobre 1914, trois jours avant la chute de la forteresse d'Anvers, il était devenus impossible de travailler en toute sécurité à Merksem en raison du bombardement permanent de l'armée allemande. Il y avait à ce moment là déjà 2400 maisons détruites dans l’agglomération Anversoise.

Charles Pelabon et ses employés ont quitté Anvers pour l'Angleterre avec un des derniers navires qui étaient encore disponibles à ces fins.

 

Trois semaines plus tard, dans une usine désaffectée à Teddington, un quartier de Richmond, 'The Pelabon Works' produisaient déjà les premières grenades à canon pour les alliés. Quelques mois plus tard ils démarrent le travail dans un deuxième atelier à Twickenham. Une patinoire couverte, non utilisée pendant la guerre, a été converti en usine à munitions et les grenades partent de Twickenhaw vers le continent à vitesse accrue. Fin 1915 Charles avait sept usines de munitions sur les rives de la Tamise et il employait 2.000 travailleurs Belges. Plus de 30% d'entre eux étaient des femmes.

 

 

 

 

Le logement des réfugiés Belges ne posait pas de problème. A cause des bombardements continus par les Allemands sur Londres, les Londoniens abandonnaient en bonnes nombres la ville vers la campagne. A Richmond et d'autres banlieues de Londres des habitations étaient largement disponibles. Le travail dans l'usine de munitions fournissait un revenu suffisant à couvrir les besoins de vie. Au pic de la migration Belge envers l'Angleterre à Twickenham et les communautés environnantes, quelques 6.000  réfugiés Belges y résidaient.

 

Entrepreneurs qu'ils l'étaient, les Belges ont ouvert leurs propres magasins. Des noms tels que 'Comptoir Belge d'Alimentation Dubois' et 'Grande Epicerie Liègeoise' dominaient dans la rue, ce qui a conduit à l'utilisation généralisée de 'Twickenham, le village Belge sur la Tamise'.

 

 

 

 

Après la guerre les Belges, à quelques exceptions près, quittaient Twickenham et l'Angleterre pour retourner vers leur ville ou village en Belgique.

 

En 1928, la nouvelle patinoire de Twickenham a réouvert ses portes. Mais elle a finalement disparu au début des années 90 du vingtième siècle.

 

100 ans après l'invasion des Belges à Twickenham ils n'y ont pas oublié les Belges et leur contribution à la victoire finale de la Première Guerre Mondiale. En 2014 à Twickenham a été fondé un comité pour créer un mémorial durable à cette période captivante de l'existence des Belges dans cette belle banlieue de Londres sur la Tamise. 

 

Ainsi est né le East Twickenham Centennial Group.

 

 

 

2014

 

 

En novembre 2014, j’écrivais à l'administrateur de l’église Sainte-Marie à Twickenham en demandant s’il pouvait me procurer des photos des tombes de quatre victimes de guerre Belges, enterrés au cimetière de Twickenham. Ces quatre soldats avaient été transférés, après blessures au champ de bataille en Belgique à Twickenham pour traitement et récupération, mais il y étaient décédés des conséquences de leurs blessures.

 

Ma question à l'administrateur a été transmise à Dr. Helen Baker, c’est comment je suis entré en contact avec elle et avec le East Twickenham Centennial Group. Les photos je les ai reçus dans les plus brefs délais.

 

 

 

2017

 

Le 8 février 2017, nous avons reçu l'invitation suivante de Dr. Helen Baker:

 

 

Samedi 1er Avril 2017:  12.00-14.30

Warren Gardens, Clevedon Road, TW1 2HZ

 

Samedi le 1er Avril l’Ambassadeur Belge au Royaume Unis, M. Guy Trouveroy, dévoilera une oeuvre d’art pour commémorer la communauté unique de Richmond et Twickenham (le 'village belge sur la Tamise') où six mille réfugiés belges ont reçu un abri pendant la Première Guerre mondiale. Nous voyons cela comme plus qu'une commémoration d'un événement important dans l'histoire du monde. Aussi comme un  signe d'amitié international entre les deux communautés travaillent ensemble vers un objectif commun.

 

Le monument a été fait en Belgique par un sculpteur belge. Il porte une inscription appropriée écrite par une élève de l’Orleans junior School, école où les enfants belges étudiaient à Twickenham pendant la période 1914-1918. Le texte apparaît en trois langues: Anglais, Français et Néerlandais.

 

East Twickenham Centennial Group vous invite à vous joindre à quelques 200 autres invités assistent à une courte cérémonie suivie d'une réception et une exposition.

 

Plusieurs conseillers, députés locaux et les descendants des réfugiés seront présents, ainsi que des habitants de Twickenham et les Belges aussi bien de leur terre natale que ceux habitant au Royaume Unis.

 

Le 'Village Belge' à cette époque se composait de Twickenham de l’Est, de Twickenham Centre, Saint-Margarets, Richmond, Kew, Petersham et Sheen, avec d'autres districts voisins dans les communautés de Teddington et Barnes.

 

East Twickenham Centennial Group organise cette initiative avec le soutien chaleureux du conseil municipal de Richmond et d'autres groupes communautaires.

 

RSVP pour le vendredi 10 Février. Après confirmation, vous recevrez une invitation officielle qui donne aussi accès à la réception.

 

Faites attention: notez que le stationnement dans la zone est limitée et le transport en commun est recommandé.

 

En cas d'acceptation, donnez-nous s'il vous plaît les informations suivantes:

- Nom de quelqu'un qui ne figure pas sur l'invitation et qui est le bienvenue.

- Une adresse postale pour y envoyer votre carte d'invitation.

- L'orthographe correcte des noms pour les badges.

- Toute exigence supplémentaires. (Nous allons essayer de porter une attention particulière à des sièges pour tous ceux qui en ont besoin).

 

Dr. Helen Baker

Président East Twickenham Centennial Group

 

 

 

On appelle cela une invitation qui l’on ne peut refuser. Ma fille An et son mari Michael voulaient bien m’accompagner. Nous en faisions immédiatement un long week-end. Nous sommes donc parti le vendredi 31 mars avec le vol Zaventem-Heathrow de 9u45. Parce-que An et Michael voulaient aussi visiter la ville de Londres, nous avions réservé un hôtel à Hounslow.

 

Le Vendredi après-midi nous avons visité la fosse commune des soldats Belges décédés à Londres pendant la Première Guerre mondiale. Son monument se trouve au cimetière de Kensal Green.

 

 

 

 

Nos héros sont enterrés dans la partie catholique du cimetière de Kensal Green,Saint-Mary’s Catholic Cemetery. Initiallement ils étaient enterrés individuellement, mais à un moment donné il y avait un manque d'espace et les tombes individuelles étaient abandonnées et les restes de nos soldat furent rassamblés dans une fosse commune près de la chapelle de Sainte-Marie.

 

 

 

 

Sur les colonnes montantes du monument se trouvent les noms des 77 soldats Belges qui sont venus à Londres pour traitement de leurs blessures ou malades, qui sont décédés et furent enterrés ici à Saint-Mary.

 

 

 

 

Le samedi matin, nous étions présent à 11u30 là où la patinoire de Twickenham se trouvait autrefois sur les rives de la Tamise. À midi, la partie officielle du programme commençait avec une ouverture joué par le Corps de Musique de l'École Militaire Royal de Musique, Kneller Hall, à Whitton.

 

 

 

 

Agée d’onze ans, Milly Stephens déclamait le poème 'Sonnet de l'Expatriation Belge' de Thomas Hardy. L'auteur du poème décrit la Belgique comme le pays des 'carillons'. Les Belges rêvent qu’ils ont apportés leurs propres cloches d'église en Angleterre, mais les cloches tombént en éclats avec leurs rêves. Milly a déclamée ce beau poème dans l’intonation précise, de sorte que la beauté du texte était apparente.

 

 

 

 

Le texte sur le monument, dans les trois langues, anglais, français et néerlandais a été sélectionné par les écoliers de la Orléans Primary School, l'école élémentaire où il y a cent ans, les écoliers Belges ont appris l’anglais et bien d’autres choses. 

 

Finalement, le texte anglais sélectionné 'Memories flow through me like a boat flows down the river' fut rédigé par Issy Holton âgée de neuf ans. Issy, aujourd'hui âgée de douze ans, lisait le texte anglais.

 

La partie néerlandaise du texte 'De stroom van herinneringen glijdt door me heen als een boot over het water' a été lu en duo avec Louis de Pauw (8 1/2 ans) et Amber Sourbron (11 ans).

 

 

 

 

Le texte français 'Des souvenirs naviguent en moi tel un navire sur la rivière' a été lu par Elodie Butler âgée de neuf ans.

 

Puis Dr. Helen Baker nous souhaitait le bien venus avec son accueil chaleureux et son explication des raisons pour lesquelles ce mémorial, sa conception, la réalisation et sa place dans l'histoire de la Première Guerre Mondiale.

 

Avec son chemisier jaune, sa veste rouge et ses magnifiques chaussures noires. elle avait adaptée son garderobe d'une manière subtile à notre Drapeau National.

 

 

 

 

Le prochain acte était à nouveau top! A la grande surprise de tous un chœur d’enfants de sept à onze ans, élèves de la Orléans Primary School aussi, chantait, acapella, la chanson flamande 'Witte zwanen, zwarte zwanen, wie gaat er mee naar Engeland varen?' en néerlandais plus que parfait!

 

 

 

 

Ensuite, il était temps pour les dignitaires. Son Honneur le maire de Richmond Upon Thames CLIR. David Linette, après un bref discours, invitait Guy Trouveroy, ambassadeur de Belgique au Royaume Unis pour dévoiler le mémorial avec lui.

 

 

 

 

Mais avant ça, l'ambassadeur salue cet l'initiative ici à Twickenham et appuie sur les liens étroits qui ont toujours existés entre Twickenham et la Belgique, il y a cent ans comme aujourd'hui. Malgré les développements politiques récents au Royaume-Uni.

 

 

 

 

Après son discours court, l'ambassadeur Belge et le maire de Richmond upon Thames, dont Twickenham est un quartier aujourd'hui, s’occupent du dévoilement du mémorial.

 

 

 

 

Après avoir retiré le tissu rouge il émerge un bloc de pierre bleue solide avec les textes dans des mouvements ondulatoires et dans les trois langues.

 

La Royal Military School of Music produisait d’une façon émouvante le Last Post produisant des yeux humides chez une bonne partie de l’audience. 

 

Guy Pelabon, l’arrière-cousin de Charles Pelabon représentant ici sa famille et sont grand-oncle nous racontait la vie et l'histoire de Charles Pelabon.

 

Ensuite il remerciait les habitants de Twickenham et Richmond pour l’accueil et l’hospitalité accordée aux réfugiés Belges il y a cent ans, et, aujourd’hui pour avoir contribué d’une façon importante et généreuse à la réalisation de ce projet.

 

 

 

 

Deux étudiants de la Der Deutsche Schule à Petersham donnaient ensuite leur réflexion sur 'la paix et la réconciliation'. parlant avec force et éloquence de la fierté de vivre dans cette partie de l'Europe, en dépit des récents réalignements politiques, coopérant étroitement dans un esprit de convivialité et de respect.

 

Nikolaus Siller, qui parlait en anglais impeccable, nous apprenait que la zone autour de Ham, Richmond Park et Kingston Nord a une école allemande, un jardin d'enfants allemand et quelques magasins allemands et que le peuple allemand locaux et de langue allemande en général y sont les bienvenus et sont considérés faisant partie de la communauté. Tout comme il y a cent ans le peuple de Charles Pelabon étaient également les bienvenus.

 

Lukas Rossmanith vient de l’Alsace Lorraine, une région le long du Rhin, qui, à différents moments du vingtième siècle, appartenait à l’Allemagne ou à la France. En français, il vient à la conclusion que l'histoire de l'Europe est venu à un point qu'il n'y a plus besoin en Europe pour construire des usines de munitions pour s’assassiner les uns les autres. Les deux adolescents décidaient ainsi dignement de cet événement merveilleux.

 

 

       

 

 

Pour conclure la Royal Military School of Music jouait encore la Brabançonne et le God Save the Queen. Au son de Vanished Army de Kenneth Alford se terminait la partie officielle de cet évènement. Un évènement qui rassemblait les Europèens d’expression Anglaise, Française, Néerlandaise et Allemande dans un esprit d’ouverture et d’amitié.

 

Les invités se déplaçaient allors vers l’endroit dressée pour la réception,  

 

La guerre, jamais plus?

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources: 

 

The East Twickenham Centenial Group

Thomas Forsythe, Worldpress

 

 

 

 

 

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